Mesurer quoi et pourquoi? Pour mieux voir et comprendre

Auteur(s): Rosaire Ratelle avec la collaboration de Marcel Charbonneau

INTRODUCTION

Les mesures nous affectent, nous devons les comprendre et les maîtriser

Mesurer quoi et pourquoi? Pour mieux voir et comprendre

Avec les mesures : il y a de très bonnes choses mais aussi de moins bonnes. Voyons quelques exemples choisis à cause de notre sensibilité à leur égard :

  • Le temps qu’un médecin passe avec un patient,
  • Le temps qu’un préposé passe avec un malade soit pour le faire manger ou lui faire sa toilette dans un CHSLD
  • Le taux d’achalandage et d’attente aux urgences
  • Le temps du service d’entretien des équipements utilisés dans les hôpitaux
  • La cote des écoles secondaires et des CEGEP
  • Le taux de réussite au secondaire, au CEGEP et à l’université
  • Le nombre d’élève qui a 58 % ou 59 % et à qui on donne la note de passage.

Que voulons-nous savoir et pourquoi?

  • Le médecin dont les patients sont des ainés et au prise avec de multiples problèmes et s’il décidait de les rencontrer à leur résidence, perd-il son temps ?
  • Mesurer et couper le budget d’entretien dans les hôpitaux au point que l’appareil pour mesurer la pression artérielle ne pouvait être utilisé car le velcro si usé ne pouvait pas rester en place
  • Des cotes pour être accepté au CEGEP et maintenant avec des taux de 30% d’abandon ou d’échec; de même pour les universités.
  • Les proportions d’étudiants qui réussissent les examens du ministère; incluant les élèves ayant une note inférieure à la note de passage de 60%
  • Le choix de l’échelle de l’ordonnée pour les graphiques, qui peuvent amplifier ou faire paraitre moindre les tendances. Selon l’échelle on peut créer une distorsion visuelle dans l’interprétation des résultats.

Tous des sujets sensibles et à débattre en temps d’élection ou en famille; mais n’est pas là le sujet.

Nous nous adressons à la mesure, la comprendre, la colliger et l’analyser que ce soit par le qualiticien ou par le personnel impliqué dans un processus d’amélioration continue.

OUI il faut mesurer. C’est important voire essentiel si on veut s’améliorer. Mais la communication est importante. Quel est le but visé derrière la mesure ? Dans quel contexte la mesure s’applique-t-elle ? Étant la personne visée par la mesure, suis-je capable d’agir pour influencer le résultat ?

C’est pourtant si évident. Je ne parle pas de statistiques complexes mais simplement de moyenne et de variation dont on observe l’évolution dans le temps.

Nous devons développer, au minimum des connaissances de base dans la mesure et les statistiques pour contrer les indicateurs de performance qui ont des effets négatifs sur l’organisation ou des employés. Pour le qualiticien, nous préférons dire qu’il nous faut des connaissances solides.

Qu’arrive-t-il lorsque le système de mesure n’est pas adéquat ? On joue avec les chiffres et ils disent que l’on fait dire ce que l’on veut avec les statistiques.

Pourquoi pas ne pas contester la mesure elle-même. Voyons le choix de quelques indicateurs.

  • Ne vaudrait-il pas mieux suivre les ventes obtenues grâce au site internet plutôt que l’achalandage mesuré sur le site
  • Suivre le ratio du coût de la non qualité par rapport au chiffre d’affaire plutôt que le coût de la garantie sans égard au volume d’affaire
  • Le succès de l’organisation repose, pour une bonne part, sur le degré de satisfaction de ses clients. Qu’avons-nous pour la mesurer et en suivre l’évolution ?

Serons-nous accusés de rébellion, de négativisme ou encore de résistance aux changements en démontrant une énergie à combattre de mauvais indicateurs ? La résistance au changement est généralement la réaction des gestionnaires à toute question qu’on leur fait concernant la mesure.

En étant solide dans la mesure et l’analyse avec les techniques statistiques, nous pourrons contribuer à assainir le climat. Car nous pourrons mieux expliquer, trouver les mots, les arguments et éviter ainsi les incohérences

CONCLUSION

Nous pourrons présenter des mesures qui vont mieux répondre aux objectifs de l’organisation. Étant partie prenante dans l’atteinte des objectifs, nous serons d’autant plus motivés

Références documentaires

‘’Le moyen d’appréciation est l’œil : D’énormes bâtiments au-dessus desquels s’élevaient les douze cylindres de ciment armé accolés deux à deux, hauts de vingt mètres, d’un silo à blé particulier. J’ai mesuré du regard les champs immenses et puis cette fausse cathédrale (Giono, Poids du ciel, 1938, p.288)’’

Biographies des auteurs

Par Rosaire Ratelle, membre sénior, CQE de l’ASQ

Président de Rosaire Ratelle Qualité Conseil.

Plus de 40 ans d’expérience en qualité dont plusieurs années en implantation de système de management de la qualité selon la norme ISO 9001 et en amélioration continue selon les outils du 6 SIGMA. Un des membres fondateurs de l’Association Québécoise de la Qualité (AQQ) et a été évaluateur aux Grands Prix Québécois de la Qualité.

Avec la collaboration de Marcel Charbonneau, T.P., CQA et membre sénior de l’ASQ

40 ans dans le domaine de la qualité dans l’industrie manufacturière avec les normes DND, MIL, OTAN, Z299 et ISO et Chef auditeur des SMQ ISO 9001 chez QMI du groupe CSA

Un des membres fondateurs de l’Association Québécoise de la Qualité (AQQ), Chef évaluateur aux Grands Prix Québécois de la Qualité.